DPI et FIV : diagnostic génétique préimplantatoire et tests à l'étranger
Si tu es tombé sur l’abréviation “ PGD ” en te renseignant sur la FIV, il y a de fortes chances que tu ne saches pas exactement ce que ça veut dire, et c’est tout à fait normal. La plupart de mes clients n’ont jamais eu affaire aux tests génétiques auparavant, et la terminologie elle-même n’aide pas : « PGD » est un terme un peu ancien, et ce que la plupart des cliniques pratiquent aujourd’hui s’appelle en fait le « PGT-A ». Il existe également deux autres tests plus spécialisés, le PGT-M et le PGT-SR, mais ils concernent rarement les clients avec lesquels je travaille ; cette page se concentre donc entièrement sur le PGT-A. (PGT = dépistage génétique préimplantatoire)
Même quand tu connais le nom, deux choses restent souvent floues : tous les tests ne vérifient pas les 23 paires de chromosomes, certains n’en vérifient qu’une poignée, et il existe deux méthodes de test différentes, la FISH et le NGS, qui présentent de réelles différences en termes de coût, de rapidité et de précision. Cette page t'explique ce que le PGT-A teste réellement, comment ça marche et combien ça coûte à l'étranger.
C'est quoi le DPI (diagnostic génétique préimplantatoire) ? Du DPI et du PGS au PGT-A
La terminologie liée au dépistage génétique des embryons a évolué, et si tu as entendu plusieurs appellations différentes, c'est justement pour ça.
DPI, FIV et DGP : les termes d'origine
À l’origine, le “ PGD ” (diagnostic génétique préimplantatoire) était le terme le plus précis : il s’agissait de tester un embryon pour détecter une maladie génétique particulière, déjà connue et présente dans la famille. Le « PGS » (dépistage génétique préimplantatoire) était le terme plus général, qui consistait à vérifier les chromosomes d’un embryon de manière globale, sans rechercher une affection spécifique. Dans le langage courant, cependant, « PGD » est devenu le terme fourre-tout que les patients utilisent pour désigner n’importe quel type de test génétique sur un embryon, quel que soit celui auquel on fait réellement référence, ce qui explique sans doute pourquoi tu le connais mieux sous ce nom-là.
PGT-M, PGT-A et PGT-SR : les noms actuels
En 2018, les sociétés internationales de génétique ont renommé ces deux termes pour plus de précision. Ce qu’on appelait avant le DPI s’appelle désormais le PGT-M : c’est un test qui permet de dépister une maladie héréditaire spécifique déjà connue dans la famille, comme la mucoviscidose. Ce qu’on appelait auparavant PGS s’appelle désormais PGT-A : ça permet de vérifier le nombre de chromosomes dans un embryon. Il existe aussi un troisième test, plus spécialisé, appelé PGT-SR, qu’on utilise quand un parent est porteur d’un réarrangement chromosomique structurel qui ne lui cause pas de problèmes de santé, mais qui peut affecter un embryon.
Le PGT-M et le PGT-SR sont rarement pertinents pour les clients avec lesquels je travaille. Cette page est entièrement consacrée au PGT-A, c'est-à-dire au dépistage chromosomique, car c'est ce à quoi presque tout le monde pense aujourd'hui quand on parle de DPI.

FISH vs NGS : techniques de dépistage génétique préimplantatoire, rapidité et résultats en cas de mosaïcisme
FISH : plus rapide, mais ça ne donne qu'une vision partielle
La FISH (hybridation in situ en fluorescence) est la plus ancienne des deux techniques. Elle permet généralement d'analyser 5 paires de chromosomes, souvent les paires 13, 18, 21, X et Y, et peut parfois être étendue à 7 ou 9 paires. Elle ne permet pas d'analyser les 23 paires. Si une clinique te dit que la FISH examine tout, ce n’est pas exact, et ça vaut le coup de demander directement quels chromosomes sont réellement inclus avant de donner ton accord.
NGS : plus de chromosomes, plus de temps
NGS (séquençage de nouvelle génération) Elle analyse les 23 paires de chromosomes, y compris les chromosomes X et Y. Elle prélève également davantage de cellules de l'embryon que la technique FISH, ce qui explique en partie pourquoi elle est généralement plus précise et pourquoi elle permet de mieux détecter le mosaïcisme ; on y reviendra plus bas. Les résultats du NGS prennent 2 à 3 semaines, contre seulement quelques jours avec la FISH. C’est aussi pour ça que le NGS implique généralement au moins deux visites : une pour le prélèvement des ovocytes et la biopsie de l’embryon, et une autre plus tard pour le transfert, une fois que les résultats sont arrivés et que ton corps a eu le temps de se préparer grâce à un cycle naturel entre-temps. Beaucoup de cliniques ne réalisent pas du tout les tests NGS dans leur propre laboratoire : le matériel coûte cher et seuls quelques laboratoires en disposent. Ton échantillon de biopsie d’embryon est donc souvent envoyé ailleurs pour analyse, tandis que l’embryon lui-même reste congelé en toute sécurité dans ta clinique.
Certaines cliniques préfèrent le NGS non seulement pour sa précision, mais aussi parce que ça permet de faire le transfert au cours d'un cycle naturel distinct et « frais », plutôt que juste après le prélèvement, ce qui laisse à ton corps le temps de récupérer et évite tout risque de SHO (syndrome d'hyperstimulation ovarienne). C’est une observation anecdotique qui n’est étayée par aucune étude spécifique, mais c’est une raison que j’ai entendue à plusieurs reprises dans les cliniques. D’un autre côté, le NGS peut parfois signaler un embryon comme anormal à cause d’un mosaïcisme, alors qu’il aurait en réalité pu avoir une chance de s’implanter ; tu trouveras plus de détails là-dessus ci-dessous. Ça ne concerne qu’un petit pourcentage de cas, mais ça vaut le coup de savoir que cette science n’est pas parfaite non plus.
Comprendre les résultats d'un test d'embryon mosaïque
Un résultat “ mosaïque ” veut dire qu’un embryon contient à la fois des cellules normales et anormales, au lieu d’une réponse claire par oui ou par non. C’est vraiment difficile à expliquer simplement, car ça dépend de l’endroit exact d’où proviennent les cellules prélevées. Avec la FISH, on ne prélève qu’un tout petit échantillon, donc il y a de fortes chances qu’on prélève justement la partie « normale » de l’embryon et qu’on passe à côté d’une anomalie ailleurs. Le NGS prélève davantage de cellules et peut parfois détecter une anomalie dans une partie de l’embryon qui n’aurait pas été repérée avec un échantillon plus petit. C’est en partie pour ça que les résultats mosaïques sont plus fréquents avec le NGS : non pas parce que le NGS crée le problème, mais parce qu’il est plus efficace pour le détecter.
Ce que le PGT-A permet réellement de dépister : les chromosomes, les maladies génétiques et la sélection du sexe

Les trois trisomies les plus fréquemment dépistées : 13, 18 et 21
La trisomie 21, plus connue sous le nom de syndrome de Down, est celle qui offre les meilleures chances de survie parmi les trois. La plupart des enfants qui naissent avec cette maladie mènent une vie longue et épanouie. Pour les trisomies 13 et 18, c'est une tout autre histoire. Seuls environ 5% des bébés atteints de ces maladies génétiques survivent à leur première année.
J’ai eu une cliente un jour qui ne voulait pas attendre les résultats de son PGT-A et qui a fait transférer un embryon non testé alors que les analyses des autres étaient encore en cours. Cet embryon s’est avéré atteint de trisomie 13. C’est l’une des situations les plus difficiles que j’ai vécues, et c’est exactement pour ça qu’il est si important d’attendre les résultats, même si ça peut paraître interminable. Tu mérites de savoir à quoi t’en tenir avant un transfert, pas après.
Est-ce que le PGT-A permet aussi de connaître le sexe du bébé ?
Techniquement, oui. Comme le PGT-A analyse les 23 paires de chromosomes, y compris les chromosomes X et Y, il révèle toujours le sexe de l'embryon en tant que résultat secondaire du test, que tu l'aies demandé ou non. Le test en lui-même est le même, quelle que soit la raison pour laquelle tu le fais : tu n’as pas à choisir entre un “ test génétique ” et un “ test de détermination du sexe ”, tu obtiens ces deux informations à partir du même résultat.
La seule vraie différence, c'est de savoir si la clinique te le dit vraiment. Presque aucune clinique, où que ce soit, ne communique cette information à ses patients, principalement parce que les recommandations internationales d’organismes comme l’ESHRE déconseillent d’utiliser les résultats des tests génétiques à d’autres fins que le dépistage médical. Seule une poignée de cliniques partagent réellement ces informations dans la pratique, et je t’expliquerai plus en détail dans la section suivante où c’est le cas et quel est le cadre juridique plus général.
Si tu souhaites connaître ou choisir le sexe de ton bébé, ça touche directement à la sélection du sexe. J'explique en détail tout le processus, les coûts et les endroits où c'est réellement possible sur une page séparée.

Où le PGT-A est légal à l'étranger (et où il ne l'est pas encore)
Quand le PGT-A ne nécessite pas de raison médicale
Dans plusieurs pays, dont l'Espagne, le Portugal, le Royaume-Uni, la Grèce et quelques autres, le PGT-A peut être réalisé sans avoir à justifier d'un besoin médical spécifique, simplement par choix, pour ta tranquillité d'esprit ou en raison de ton âge. Le nord de Chypre en fait clairement partie aussi. J'ai personnellement visité plus de 20 des quelque 30 cliniques qui y sont implantées, et chacune d'entre elles propose le PGT-A comme une partie intégrante du traitement, sans qu'aucune justification ne soit requise.
Quand faut-il un motif médical, et à quel point c'est vraiment strict ?
Plusieurs pays n'autorisent le PGT-A que s'il y a une raison médicale reconnue, mais le degré de rigueur varie énormément d'un pays à l'autre. L'Allemagne est la plus stricte de toutes : les tests doivent être approuvés au cas par cas par un comité d'éthique, et il est tout à fait possible de se voir refuser l'autorisation. D'autres pays, comme la France, les Pays-Bas, le Danemark, la Norvège, la Suède et la Suisse, exigent aussi une justification médicale, même si la procédure diffère d'un pays à l'autre.
La République tchèque se situe quelque part entre les deux. Officiellement, il faut un motif pour passer ce test, comme avoir plus de 35 ans, des fausses couches à répétition ou un échec lors d’une précédente tentative de FIV / ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes), mais en pratique, ces critères sont assez larges pour que la plupart des patientes y répondent. J’ai visité 8 des quelque 40 cliniques du pays, et le DPI-A est proposé comme une étape normale du traitement de FIV ou de procréation médicalement assistée dès lors que cette raison de base est justifiée. C’est une vraie exigence sur le papier, mais ça constitue rarement un véritable obstacle dans la pratique.
Chypre du Nord : un système juridique distinct
Le nord de Chypre n'est pas reconnu internationalement comme un pays à part entière ; il n'apparaît donc pas dans la plupart des synthèses juridiques européennes sur ce sujet, y compris la République de Chypre, qui est une juridiction distincte, reconnue par l'UE, dotée de sa propre réglementation en matière de PGT-A. D’après mon expérience directe avec les cliniques là-bas, le dépistage est tout simplement proposé, c’est une pratique courante, sans qu’il soit nécessaire de le justifier médicalement.
Comment fonctionne le test PGT-A pendant un cycle de FIV ?

Transfert « Fresh » avec FISH : un seul trajet, environ 7 à 10 jours
Avec la technique FISH, la biopsie est réalisée le 3e jour, et les résultats sont disponibles vers le 5e ou le 6e jour, lorsque l’embryon s’est développé en blastocyste. Ton médecin discute des résultats avec toi et vous décidez ensemble quel embryon transférer, le tout au cours du même séjour. Au total, ça implique généralement de rester à l’étranger entre 7 et 10 jours environ. Il y a toutefois une exception : s’il existe un risque de SHO (syndrome d’hyperstimulation ovarienne), la clinique congèlera tous les embryons au lieu de procéder à un transfert frais, ce qui transforme finalement le processus en deux séjours. Un transfert frais dans ces conditions t’exposerait à un risque réel de complications, notamment de fausse couche.
Transfert d'embryons congelés avec NGS : deux cycles
Avec la NGS, tu rentres chez toi peu après le prélèvement, généralement après un séjour de 3 à 5 jours. Les embryons restent par défaut congelés en toute sécurité à la clinique ; seul l'échantillon de biopsie est envoyé à un laboratoire pour analyse. Tu seras déjà rentrée chez toi lorsque les résultats arriveront, généralement 2 à 3 semaines plus tard. Ton médecin te les communiquera à distance, et dès que tu seras prête, tu reviendras pour un transfert séparé lors d’un cycle frais ultérieur. Ça fait donc 2 allers-retours au total, avec plus de temps pour que ton corps se remette entre les deux.
La biopsie est-elle dangereuse pour l'embryon ?
C'est une inquiétude courante, et ça dépend de la méthode utilisée. Avec le NGS, la biopsie prélève 5 à 10 cellules du trophectoderme, la couche externe du blastocyste qui va former le placenta, et non de la masse cellulaire interne, qui va devenir le bébé. C’est un sujet qui a été bien étudié au stade du blastocyste, et les données montrent systématiquement que ça ne nuit pas au futur bébé et que ça ne réduit pas les chances d’une grossesse réussie. La technique FISH, c’est différent. La biopsie a lieu plus tôt, au troisième jour, avant que l’embryon ne dispose d’un grand nombre de cellules, et les données sont moins rassurantes : certaines recherches suggèrent qu’une biopsie à ce stade précoce pourrait présenter plus de risques pour l’embryon, simplement parce qu’il y a moins de cellules pour compenser. C’est une raison de plus pour laquelle le NGS est devenu la méthode la plus couramment privilégiée, même si ça implique un déplacement supplémentaire.
Taux de réussite avec des embryons ayant fait l'objet d'un test PGT-A
Un embryon euploïde / sain, c'est-à-dire qui a le bon nombre de chromosomes, a nettement plus de chances de déboucher sur une naissance vivante qu'un embryon non testé, même si ce n'est pas à chaque cycle qu'on en obtient un, surtout quand la maman est plus âgée : dans ce cas-là, il peut vraiment arriver qu'on n'ait aucun embryon euploïde.
Euploïde ou non testé : les chiffres
Les données issues des cycles avec ovocytes de donneuses montrent un taux de naissances vivantes d’environ 70% par transfert d’embryon euploïde, contre environ 34% pour les embryons non testés issus du même groupe. Pour les femmes de moins de 35 ans qui utilisent leurs propres ovocytes, l'écart est plus faible mais reste bien réel : environ 70% pour les embryons euploïdes contre 52% pour ceux qui n'ont pas été testés. Plus les ovocytes sont jeunes et sains au départ, moins l’avantage du PGT-A est important, car il y a de toute façon moins d’embryons présentant des anomalies chromosomiques.
L'âge a-t-il encore de l'importance, même avec un embryon euploïde ?
Oui, dans une certaine mesure. Les taux de réussite avec des embryons euploïdes continuent de baisser un peu à mesure que l’âge de la mère augmente, même si l’embryon lui-même est génétiquement normal, probablement parce que l’environnement utérin vieillit lui aussi, et pas seulement les ovules. Cela dit, cette baisse est bien moins importante que celle qu’on observe avec des embryons non testés, où l’âge et le risque chromosomique se cumulent. Un embryon euploïde ne garantit pas une grossesse, mais il élimine une variable majeure de l'équation.
Et si on réessayait si le premier transfert ne marche pas ?
Certaines études à grande échelle montrent un taux cumulé de naissances vivantes d'environ 60 à 65% après un seul transfert d'embryon euploïde, ce taux augmentant encore avec des tentatives supplémentaires. Ce qui est intéressant, c'est qu'au moins un essai contrôlé d'envergure a montré que la FIV standard sans PGT-A, qui permettait d'utiliser plusieurs embryons lors de différents transferts, atteignait un taux de réussite cumulé similaire, voire légèrement supérieur, à celui obtenu avec le dépistage.. Ça s'explique sans doute par le fait que ces tests éliminent parfois des embryons mosaïques qui auraient pu mener à une grossesse saine. En d'autres termes, le PGT-A te permet généralement d'arriver plus vite à une grossesse et de réduire le nombre de fausses couches en cours de route, mais ça n'augmente pas forcément tes chances globales de réussite si tu es prête à continuer d'essayer sans y avoir recours.

Coût du test PGT-A à l'étranger
Les prix varient énormément, pas seulement d'un pays à l'autre, mais aussi d'une clinique à l'autre et selon les formules tarifaires proposées au sein d'une même clinique. À titre indicatif, en Europe, le PGT-A coûte généralement entre 1 500 et 3 000 € pour l'analyse de 4 embryons maximum, mais ce prix n'inclut presque jamais le cycle de FIV de base ni le transfert d'embryons congelés qui suit, ce qui fait grimper considérablement le montant total réel. Certaines cliniques intègrent directement le PGT-A dans des forfaits FIV spécifiques ; ça vaut donc toujours le coup de vérifier s’il est déjà inclus avant de partir du principe que c’est un coût supplémentaire.
Chypre du Nord
Le test FISH coûte environ 2 000 € pour le panel standard de 5 chromosomes, ou environ 3 000 € s'il est étendu à 9 chromosomes. Le prix du NGS varie selon les cliniques : certaines facturent un forfait de base d'environ 2 500 €, plus environ 300 € par embryon testé, tandis que d'autres proposent un forfait de 3 000 € couvrant jusqu'à 8 embryons.
République Tchèque
Une clinique réputée propose le PGT-A à environ 2 200 €. Les tarifs varient cependant : certaines cliniques facturent chaque embryon supplémentaire au-delà d’un nombre défini inclus dans la formule de base, tandis que d’autres formules de FIV incluent déjà le PGT-A. Demande toujours le détail précis des coûts plutôt que de te baser sur une liste de prix générale, car les tests supplémentaires et les options d'analyse améliorées par l'IA peuvent ressembler au PGT-A sans pour autant être le même test.
Espagne
Ici, les tarifs varient généralement entre 1 950 € et 3 650 € pour le test de base, qui couvre jusqu'à 4 embryons, chaque embryon supplémentaire étant facturé séparément à environ 300 €. Certaines cliniques proposent aussi des forfaits qui reviennent moins cher par embryon si tu prévois d'en faire tester plusieurs.
Dans ces trois pays, c'est toujours la même chose : demande toujours précisément ce qui est inclus, quels chromosomes sont analysés, combien d'embryons sont concernés, et si la congélation, le stockage et le transfert d'embryons congelés sont compris dans le prix. Le transfert d’embryons congelés, en particulier, est souvent le poste le plus coûteux qui n’est pas inclus dans un devis de PGT-A, et ce n’est pas facultatif : tu en auras besoin quel que soit le résultat, alors demande aussi ce coût dès le départ.
Choisir une clinique pour un PGT-A dans le cadre d'une FIV
Choisir une clinique pour un PGT-A dans le cadre d'une FIV
Il n'y a pas de clinique idéale en soi ; tout dépend autant de tes priorités que de la clinique elle-même.
Les questions qu'il faut se poser en premier lieu
Franchement, même les cliniques t'expliquent rarement tout ça aussi clairement, alors ça aide de bien y réfléchir par toi-même avant. Combien de séances est-ce que tu peux raisonnablement envisager : une avec la technique FISH ou deux avec le NGS ? Quel est ton budget ? La plupart des médecins recommandent le NGS par défaut, mais ça ne veut pas dire que c'est forcément le bon choix pour toi.
Signes avant-coureurs au niveau de la clinique
Fais gaffe si une clinique n'arrive pas à t'expliquer clairement ce qu'on teste et comment. Si une clinique prétend que le test FISH analyse tous les chromosomes, c'est pas tout à fait vrai, et ça vaut le coup de demander directement lesquels sont vraiment inclus. À l’inverse, méfie-toi tout autant d’une clinique qui prétend que son laboratoire interne réalise des analyses NGS : dans la plupart des cas, ces analyses sont effectuées dans un laboratoire externe, pas sur place, et si une clinique affirme le contraire, ça vaut le coup de vérifier. Les grilles tarifaires proposant des forfaits qui ne sont pas clairement expliqués constituent un autre signal d’alerte ; même moi, j’ai eu du mal à bien comprendre ce qui était inclus dans certaines grilles tarifaires que j’ai consultées. Demande toujours précisément combien de chromosomes sont testés, quelle méthode est utilisée, et ce qui est inclus par rapport à ce qui est facturé séparément.
Ce que je recherche personnellement
Ce qui compte le plus, c'est une communication ouverte et honnête, des tarifs vraiment clairs, sans frais cachés, et une communication claire sur les résultats et les taux de réussite. J'ai aussi vu des cliniques qui ne remboursent rien quand aucun embryon n'est finalement transférable, même si on pourrait dire qu'elles devraient le faire.
Une autre chose à laquelle il faut te préparer mentalement : beaucoup de femmes sont choquées d’apprendre que même avec 5 embryons qui semblent de bonne qualité au 5e jour, il est tout à fait possible qu’aucun d’entre eux ne s’avère euploïde. Ce risque augmente avec l’âge, il est plus fréquent après 35 ans, et encore plus après 40 ans. Une clinique qui te parle honnêtement de ce risque dès le départ, plutôt qu’après les tests, agit dans ton intérêt.

Les avantages du DPI et à qui le PGT-A peut-il convenir ?
Âge et antécédents médicaux
D’après ce que j’ai pu constater, les médecins commencent généralement à proposer le PGT-A vers 35 ans, surtout parce que la plupart des gens se lancent dans la construction d’une famille plus tard qu’ils ne l’avaient prévu, et que le risque d’anomalies chromosomiques augmente avec l’âge. Une fois que tu as dépassé environ 43 ans, les médecins orientent plus souvent la discussion vers le don d’ovocytes ; à ce stade, les chances d’obtenir un embryon euploïde à partir de tes propres ovocytes baissent suffisamment pour que le dépistage ne soit souvent plus la solution la plus efficace. Les fausses couches à répétition ou les échecs de transfert antérieurs sont aussi des raisons courantes pour lesquelles les médecins évoquent ce dépistage, car ça peut aider à écarter les problèmes chromosomiques comme cause possible.
Quand ça ne vaut peut-être pas le coup
La technique FISH n'a vraiment de sens que pour les femmes très jeunes, et surtout quand on prévoit aussi de choisir le sexe du bébé. Même dans ce cas, il y a un hic : les jeunes femmes ont tendance à réagir plus fortement à la stimulation hormonale, ce qui augmente le risque de syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO). Si ce risque se concrétise, tous les embryons sont congelés, quelle que soit la méthode de dépistage utilisée, ce qui annule le principal avantage de la FISH, à savoir tout faire en un seul voyage.
Don d'ovocytes ou d'embryons : est-ce que ça vaut encore le coup de faire des tests ?
Dans le cadre d'un don d'ovocytes ou d'embryons, le PGT-A est rarement proposé ou demandé, et pour cause. Les donneuses sont généralement jeunes et ont déjà fait l'objet d'une présélection, ce qui fait que le risque de base d'anomalie chromosomique est déjà faible. Ça ne vaut généralement la peine d’envisager cette option que si tu veux vraiment plus de certitude, par exemple après des fausses couches précédentes, ou si tu souhaites connaître le sexe de l’embryon, ce qui est directement lié à la sélection du sexe, dont on parlera dans la section suivante.
On parle du PGT-A : les médecins et la famille

Les médecins : généralement ouverts, à une exception près
Comme pour le don d'ovocytes, la plupart des médecins en Suisse, par exemple, se montrent ouverts et compréhensifs dès que tu abordes le sujet du PGT-A, surtout parce qu'ils savent à quel point ça peut vraiment aider. Chaque pays est différent, bien sûr. L'Allemagne fait plutôt figure d'exception, où le sujet est globalement traité avec plus de prudence.
La famille et la question du “ droit à la vie ”
Contrairement au don d’ovocytes ou d’embryons, j’ai rarement entendu parler de craintes concernant les “ bébés sur mesure ” quand on parle spécifiquement du PGT-A. Ce qui revient parfois, c’est un point de vue plus conservateur : la conviction que chaque embryon mérite une chance de vivre, y compris ceux atteints du syndrome de Down, et que le fait de tester et de sélectionner contre ça est éthiquement répréhensible. Je comprends d’où vient ce point de vue, mais je vais être honnête : j’ai du mal à l’accepter. Je connais très peu de femmes aujourd’hui qui n’aient pas elles-mêmes vécu une fausse couche, et ce nombre ne cesse d’augmenter, en partie parce que de plus en plus de femmes fondent une famille plus tard, et en partie à cause de l’infertilité secondaire, c’est-à-dire la difficulté à concevoir à nouveau après avoir déjà eu un enfant. Pour la plupart de mes clientes, le PGT-A, ce n’est pas « concevoir » un enfant. C’est réduire le nombre de fausses couches qu’elles doivent subir pour y arriver.
La question du sexe est rarement abordée dans ces discussions
Ce qui est intéressant, c’est que la plupart des gens ne se rendent même pas compte que le PGT-A permet de connaître le sexe de l’embryon, même si c’est juste un effet secondaire, vu que les patients ne reçoivent pas cette partie des résultats, c’est juste le médecin qui en a connaissance. Du coup, cette question-là revient rarement dans les discussions en famille, tout simplement parce que la plupart des gens ne pensent pas à la poser.

Aspects pratiques du déplacement pour passer le test PGT-A
Le transfert : comme n'importe quel transfert d'embryons congelés
Une fois les résultats connus, le deuxième voyage n’est en fait qu’un transfert d’embryons congelés classique, comme n’importe quel autre. Ton utérus doit être préparé au préalable par un médecin chez toi, exactement comme pour un transfert d’embryons congelés sans PGT-A. Ensuite, c’est le même petit voyage à l’étranger que tu ferais pour n’importe quel transfert.
Pourquoi l'attente est souvent plus longue que prévu, et pourquoi c'est pas grave
Ces 2 à 3 semaines d’attente pour les résultats, c’est souvent juste le début. Beaucoup de femmes attendent des mois, parfois exprès, et je dirais même que c’est l’approche la plus intelligente. Beaucoup de mes clientes font congeler des embryons dès maintenant pour une grossesse plus tard, une sorte de “ congélation sociale ”, pendant qu’elles terminent leurs études, construisent une maison ou ne sont tout simplement pas encore prêtes, mais qu’elles sont jeunes et en bonne santé reproductive. Mon conseil sincère à toutes celles qui savent qu’elles veulent des enfants un jour : congèle tes ovocytes ou tes embryons dès que tu peux raisonnablement le faire, plutôt que d’attendre d’être « prête » et d’avoir pris de l’âge en même temps. La fertilité n’attend pas le bon moment, et congeler tôt t’offre bien plus d’options pour plus tard.
Si tu choisis FISH : prévois suffisamment de marge de manœuvre
Tout faire en un seul voyage, c'est pratique, mais c'est aussi plus intense et plus stressant. Une bonne préparation chez toi avant le départ est encore plus importante dans ce cas, notamment pour éviter le syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO), qui est le principal risque réel lié à cette approche. Prends suffisamment de temps avant le voyage, ne le planifie pas de manière trop serrée par rapport à tes autres engagements, et assure-toi que ton médecin traitant te suit correctement pendant la période qui précède le départ.
Considérations éthiques liées au dépistage génétique et au DPI

Qu'est-ce qui arrive aux embryons qui ne sont pas implantés ?
Les embryons non euploïdes sont généralement éliminés. D’après ce que je sais, les cliniques avec lesquelles je travaille ne proposent pas de les donner à la recherche, même si j’ai entendu dire que ça existait ailleurs. C’est en fait une vraie crainte pour beaucoup de femmes, qui veulent avoir la certitude que ces embryons sont éliminés correctement et qu’ils ne seront pas utilisés à d’autres fins sans leur consentement. C’est une question tout à fait légitime à poser directement à ta clinique.
Les embryons mosaïques : une véritable zone grise éthique
La question de l’embryon mosaïque dont on a parlé tout à l’heure n’est pas juste un détail technique, elle a aussi une vraie dimension éthique. Je n’ai eu cette discussion en profondeur qu’avec un seul médecin, qui est sceptique vis-à-vis du NGS justement à cause de ça : un résultat mosaïque signifie qu’un embryon aurait pu avoir une vraie chance, et le rejeter relève d’un choix subjectif, pas d’une certitude. Une fois que tu comprends la théorie sous-jacente, à savoir qu’un résultat mosaïque n’est pas automatiquement un “ non ”, ça devient un véritable choix entre la receveuse et son médecin, et non pas une question pour laquelle il n’y a qu’une seule bonne réponse.
Fais attention à ce que tu partages
Un conseil pratique que je donne aux clients qui combinent le PGT-A avec la sélection du sexe : quand tu parles à tes médecins chez toi, ça suffit généralement de dire simplement que tu fais un PGT à l'étranger, sans entrer dans plus de détails que ça. Ça permet de centrer la conversation sur les tests médicaux eux-mêmes, qui sont largement acceptés, sans ouvrir un débat à part, plus compliqué.
Prochaines étapes : comment s'y mettre
Si tu ne sais toujours pas si le PGT-A, ou quelle méthode de dépistage, te convient, c'est tout à fait normal. Même les médecins présentent souvent ça comme une décision simple, du genre « oui ou non », alors que ce n’est pas du tout le cas : ça dépend de ton âge, de tes antécédents, de ton budget et du nombre de séjours que tu peux réellement te permettre.
La première étape, la plus simple, c'est généralement un premier entretien téléphonique gratuit. Ce n'est pas un argumentaire de vente, mais juste l'occasion de faire le point sur ta situation particulière et de voir clairement ce qui te convient le mieux : est-ce que le PGT-A est une option pour toi ? Si oui, faut-il opter pour le FISH ou le NGS ? Et quelle destination te semble la plus adaptée à ta situation ?.
Si tu préfères d'abord te renseigner davantage par toi-même, tu peux aussi télécharger mon guide gratuit sur les tests génétiques dans le cadre d'une FIV à l'étranger ; il t'explique les détails pratiques à ton rythme.
