Le PGT-A par pays en Europe : ce qui est possible, avec et sans sélection du sexe

Le PGT-A par pays en Europe : ce qui est possible, avec et sans sélection du sexe

La situation concernant le PGT-A en Europe est très hétérogène. Ce test permet d'analyser les chromosomes d'un embryon, mais il n'est pas accessible partout. Pour les raisons médicales habituelles, c'est-à-dire l'âge avancé, les fausses couches à répétition ou les échecs de FIV, le PGT-A n'est pas autorisé au Danemark, en France, en Allemagne, en Hongrie, en Lituanie, à Malte, aux Pays-Bas, en Norvège et en Suède. En Espagne, la loi le précise : les cliniques peuvent tester les embryons pour d'autres anomalies susceptibles d'affecter leur viabilité, et ça ne nécessite pas d'autorisation au cas par cas. La République tchèque et le Royaume-Uni n'ont pas de règle spécifique, donc les cliniques proposent le PGT-A en option.

C'est différent quand il s'agit d'une maladie héréditaire grave dans la famille, comme l'hémophilie ou la dystrophie musculaire de Duchenne. Dans ce cas, on parle de PGT-M ou de PGT-SR, pas de PGT-A, et presque tous les pays européens l'autorisent, même si dans beaucoup d'entre eux, il faut d'abord que le cas soit approuvé par une commission d'éthique ou une autorité nationale.

Le choix du sexe d'un enfant pour des raisons non médicales, c'est une troisième question. D'après une enquête de l'ESHRE (Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie) menée en 2024 dans 43 pays européens, la sélection du sexe des embryons, en dehors des tests de dépistage des maladies liées au sexe, n'est possible qu'en Arménie. À Chypre-Nord et en Albanie, aucune loi ne l'interdit et aucune ne la réglemente clairement, donc certaines cliniques la pratiquent.

Je ne suis pas médecin, donc je ne donne pas d'explications sur les traitements. Cet article présente, pays par pays, ce qui est autorisé, ce qui est interdit et les cas où les règles ne sont pas claires. Avant de réserver, demande par écrit à ta clinique de fertilité quelles sont les règles qu'elle applique.

FIV et PGT : tout ce qu'il faut savoir sur le PGT-A, le PGT-M et le PGT-SR

PGT, ça veut dire « dépistage génétique préimplantatoire ». Ça ne marche qu'avec la FIV, parce que l'embryon est analysé en laboratoire avant d'être implanté dans l'utérus. On prélève quelques cellules de l'embryon pour les analyser.

Il y a trois types de tests, et la loi les traite différemment :

Le PGT-A permet de vérifier si un embryon a un nombre normal de chromosomes. On te le propose si tu es d'un certain âge, si tu as eu plusieurs fausses couches ou si tes tentatives de FIV ont échoué.

Le PGT-M permet de dépister une maladie héréditaire spécifique dans la famille, comme l'hémophilie, par exemple.

Le PGT-SR recherche une anomalie structurelle au niveau des chromosomes d'un des parents.

De nombreux pays autorisent le PGT-M et le PGT-SR, mais pas le PGT-A. C'est pourquoi tu dois toujours demander à la clinique lequel de ces trois tests elle utilise. Si tu veux savoir comment ces tests fonctionnent en détail, tu peux lire mon Guide sur le DPI et la FIV.

Le dépistage génétique préimplantatoire (PGT-A) par pays : où c'est possible et où ça ne l'est pas

Comprendre le PGT-A par pays en Europe

Les règles varient beaucoup d'un pays à l'autre. Je classe les pays en quatre groupes.

Pays où le PGT-A n'est pas autorisé pour des raisons médicales

Dans ces pays, tu ne peux pas bénéficier d'un PGT-A en raison de ton âge, de fausses couches à répétition ou d'échecs de FIV.

La France l'interdit, même en cas d'âge avancé ou de fausses couches à répétition. La Suède l'interdit depuis 2006. En Norvège et en Lituanie, seuls les tests visant à dépister une maladie héréditaire connue sont autorisés. En Hongrie, le ministère de la Santé considère le PGT-A comme une méthode de recherche, donc les cliniques ne le proposent pas systématiquement. À Malte, la loi ne mentionne que les tests visant des maladies héréditaires spécifiques, donc le PGT-A n'est pratiquement pas accessible.

En Allemagne, les tests ne sont autorisés que si l'un des parents est porteur d'une maladie génétique et qu'une commission d'éthique donne son accord. Il n'y a pas de dépistage systématique.

Les Pays-Bas figurent aussi sur la liste de l'ESHRE des pays où le PGT-A n'est pas autorisé. Le Danemark est une destination très prisée, donc il y a un détail important à savoir. Le PGT-A n'y est possible que dans le cadre d'un protocole de recherche approuvé par un comité d'éthique, et les échantillons d'embryons sont analysés dans un laboratoire au Royaume-Uni. Demande à la clinique de t'expliquer exactement ce qu'elle propose et sur quelle base.

Les pays où les raisons génétiques ouvrent la voie : le PGT-M et les commissions d'éthique

C'est différent quand on sait qu'il y a une maladie héréditaire grave dans la famille. Dans presque tous les pays cités plus haut, on peut faire un PGT-M ou un PGT-SR, mais uniquement pour cette raison-là.

En Allemagne, une commission d'éthique doit donner son accord. À Malte, la maladie doit figurer sur une liste approuvée. Au Danemark, les dérogations sont accordées par les autorités sanitaires. En France, la maladie doit être particulièrement grave et incurable. La Norvège, la Suède, la Lituanie et la Hongrie limitent également cette possibilité aux maladies héréditaires graves.

Pays où le PGT-A est possible, avec ou sans conditions précises

Certains pays ont fixé des conditions claires. En Autriche, il faut avoir essuyé trois échecs de transfert, trois fausses couches ou qu’un des parents soit atteint d’une maladie génétique. En Suisse, le couple doit présenter un diagnostic médical d’infertilité. En Pologne, il faut une indication médicale et un accompagnement génétique. Au Portugal, le PGT-A est réservé à des indications cliniques spécifiques.

En Espagne, la loi autorise le dépistage des anomalies pouvant affecter la viabilité de l’embryon, sans autorisation au cas par cas. En République tchèque et au Royaume-Uni, il n’y a pas de règle spécifique, donc les cliniques proposent le PGT-A en option. C'est pareil en Italie, en Belgique, en Grèce et en Finlande. La Turquie n'a pas non plus de règle claire, et les cliniques proposent quand même le PGT-A aux patients étrangers. En Bulgarie, le PGT-A est même obligatoire quand les ovocytes proviennent d'une donneuse âgée de 38 ans ou plus.

Pays où les règles ne sont pas claires ou n'ont pas été confirmées

À Chypre-Nord, il n'y a pas de réglementation. En Albanie, en Roumanie, en Géorgie et en Slovaquie, la loi ne dit rien à ce sujet. En Estonie, en Lettonie, en Croatie et en Slovénie, je n'ai pas pu confirmer l'existence d'une règle claire. En Serbie, il faut une autorisation au cas par cas. En Irlande, il y a une loi, mais elle n’est pas encore en vigueur. En République de Chypre, le PGT-A n’est autorisé que pour des indications médicales, mais la liste de ces indications n’a jamais été publiée. Au Luxembourg et en Islande, les patients sont généralement orientés vers l’étranger.

Sélection du sexe et équilibre familial : quelle est la différence ?

La sélection du sexe, ça veut dire que c'est le sexe de l'embryon qui détermine lequel sera implanté. Il y a deux raisons pour lesquelles les gens demandent ça, et la loi les traite de manière complètement différente.

Sélection du sexe par FIV pour des raisons non médicales

Ici, le choix du sexe de l'enfant relève d'un simple souhait, et il n'y a pas de maladie familiale en cause. En Europe, c'est interdit. La Convention d'Oviedo du Conseil de l'Europe stipule, dans son article 14, que la procréation médicalement assistée ne doit pas servir à choisir le sexe d'un enfant, sauf pour éviter une maladie héréditaire grave liée au sexe. Trente États l'ont ratifiée. De nombreux pays ont intégré cette règle dans leur législation nationale, par exemple l'Allemagne, l'Espagne, la République tchèque, la Suisse et les Pays-Bas.

Équilibre familial : avoir un enfant de l'autre sexe alors qu'on a déjà des enfants

L'équilibre familial, ça veut dire qu'une famille souhaite avoir un enfant de l'autre sexe, parce que les enfants qu'elle a déjà sont tous des filles ou tous des garçons. Ce souhait est compréhensible, mais dans tous les pays que j'ai vérifiés, l'équilibre familial est considéré comme une sélection du sexe à des fins non médicales et relève donc de la même réglementation.

Certaines cliniques fixent leurs propres conditions, par exemple un nombre minimum d'enfants du même sexe. C'est une règle propre à la clinique, pas une obligation légale. En Israël, il existe une règle nationale fixe depuis 2005 : chaque cas doit être approuvé par une commission du ministère de la Santé, et les parents doivent déjà avoir au moins quatre enfants du même sexe.

Le PGT-A te permet-il de choisir le sexe d'un embryon ?

Le PGT-A permet de déterminer si un embryon est euploïde, c'est-à-dire s'il possède un nombre normal de chromosomes. Aujourd'hui, la plupart des laboratoires utilisent la méthode NGS pour ça. Avec le NGS (séquençage de nouvelle génération), le résultat permet automatiquement de savoir si l'embryon est une fille ou un garçon. Le test est effectué dans tous les cas, donc le laboratoire connaît le sexe. Dans la plupart des pays européens, le médecin ou le généticien n'a pas le droit de te révéler le sexe de l'embryon.

Pays d'Europe où la sélection du sexe par FIV est interdite et ceux où elle n'est pas réglementée

Le choix du sexe d'un enfant pour des raisons non médicales est interdit dans presque tous les pays européens dotés d'une loi sur la FIV. Quelques pays n'ont pas de règle claire, et c'est là que certaines cliniques proposent quand même ce service.

Pays où la sélection du sexe est interdite

Dans ces pays, la loi interdit de choisir le sexe d'un enfant pour des raisons non médicales. En Allemagne, la sélection du sperme en fonction du sexe est même considérée comme un délit. La République tchèque, la Suisse, les Pays-Bas, l'Autriche, la Pologne, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, la Grèce, la Belgique, la France, la Bulgarie, la Hongrie, le Danemark, la Finlande, l'Estonie, la Lettonie, la Turquie, l'Ukraine et Malte ont la même règle dans leurs lois ou réglementations nationales. Au Royaume-Uni, une clinique ne peut proposer cette pratique que pour une pathologie approuvée par la HFEA.

La seule exception, c'est une maladie héréditaire grave liée au sexe. Je t'explique ce cas plus en détail ci-dessous.

Les pays sans gouvernement : Chypre du Nord et l'Albanie

Dans certains pays, aucune loi ne précise clairement ce qui est autorisé. À Chypre du Nord, il n'y a pas de loi qui interdise la sélection du sexe, ni aucune loi qui la réglemente. Les cliniques de la région proposent généralement ce service, mais elles n'en font pratiquement pas la pub.

L'Albanie, c'est un cas à part. La loi nationale sur la santé reproductive ne parle pas de la sélection du sexe. En même temps, l'Albanie a ratifié la Convention d'Oviedo, qui l'interdit. Du coup, c'est pas officiellement autorisé, mais je connais une clinique là-bas qui propose ce service.

ESHRE et ASRM : deux approches différentes de la sélection du sexe

Deux grandes associations professionnelles donnent des recommandations sur la sélection du sexe pour des raisons non médicales. L'ESHRE est l'association européenne (Société européenne de reproduction humaine et d'embryologie), tandis que l'ASRM est l'association américaine (Société américaine de médecine reproductive). Aucune des deux ne l'encourage, mais elles tirent des conclusions différentes sur ce qu'il faut en déduire. C'est l'une des raisons pour lesquelles ce sujet est abordé de manière si différente en Europe et aux États-Unis.

Ce qu'en dit l'ESHRE

En 2013, le groupe de travail de l'ESHRE sur l'éthique et le droit s'est penché sur la sélection du sexe pour des raisons non médicales. Le groupe n'est pas parvenu à se mettre d'accord sur une position unique, et le rapport présente deux points de vue.

Le premier point de vue, c'est de maintenir l'interdiction, parce que ça envoie un message clair à la société. Le deuxième, c'est que les raisons de l'interdiction ne sont pas convaincantes, et que la sélection du sexe pourrait être autorisée sous certaines conditions. Si l'interdiction était levée, l'équilibre familial pourrait être l'une de ces conditions, dans un cadre où on recueille des données sur ce qui se passe.

L'ESHRE n'a donc pas de règle claire pour ou contre ça. En Europe, ce sont les lois nationales qui fixent les règles, pas l'ESHRE.

Ce qu'en dit l'ASRM, et pourquoi c'est possible aux États-Unis

En 2022, le Comité d'éthique de l'ASRM a déclaré que la sélection du sexe pour des raisons non médicales ne devait pas être encouragée. En même temps, il a précisé que les médecins n'avaient aucune obligation éthique de la proposer, ni aucune obligation de la refuser. Les cliniques sont invitées à définir leur propre politique pour déterminer si et quand elles proposent cette pratique.

Aux États-Unis, aucune loi fédérale ne l'interdit. C'est pour ça que certaines cliniques américaines le proposent et d'autres non. C'est à chaque clinique de décider.

MicroSort et techniques de sélection des spermatozoïdes : ce que les futurs parents doivent savoir

Certaines cliniques proposent de choisir le sexe de l'enfant avant la fécondation. Pour ça, les spermatozoïdes sont triés en fonction du chromosome qu'ils portent, X ou Y, avant l'insémination ou la FIV. C'est ce qu'on appelle le tri des spermatozoïdes. C'est moins fiable que de tester un embryon. MicroSort est la méthode la plus connue.

MicroSort et la FDA

MicroSort a été développé aux États-Unis. Il n'a jamais reçu l'autorisation définitive de la Food and Drug Administration (FDA) américaine. Il n'était proposé que dans le cadre d'un essai clinique de la FDA. En 2010/2011, la FDA a mis fin aux nouvelles inscriptions pour l'équilibrage familial. Pour prévenir une maladie génétique, il pouvait encore être proposé pendant une durée limitée.

Certaines cliniques proposent encore aujourd'hui le MicroSort. La question n'est pas de savoir si la loi américaine l'interdit, mais si la clinique te dit la vérité. Une clinique qui propose le MicroSort sans préciser qu'il n'est pas approuvé par la FDA n'est pas digne de confiance. J'ai écrit un article à part là-dessus.

Sélection des spermatozoïdes en fonction du sexe : ce qu'en dit la loi

En Europe, le tri des spermatozoïdes est soumis aux mêmes règles que la sélection des embryons dans les pays que j'ai vérifiés. La Convention d'Oviedo interdit la procréation médicalement assistée dans le but de choisir le sexe d'un enfant, sauf pour éviter une maladie héréditaire grave liée au sexe. Le libellé ne fait pas de distinction selon la technique utilisée, donc ça s'applique aussi au tri des spermatozoïdes.

En Allemagne, féconder un ovule avec du sperme sélectionné en fonction du sexe est un délit, sauf en cas de maladie grave liée au sexe, comme la dystrophie musculaire de Duchenne. Les Pays-Bas, la République tchèque et la Suisse l'interdisent aussi, avec la même exception. À Malte, le sperme ne peut pas être sélectionné en fonction du chromosome sexuel, sauf pour prévenir une maladie génétique liée au sexe.

Sélection du sexe pour des raisons médicales : maladies héréditaires liées au sexe

Il y a un cas où on peut choisir le sexe d'un embryon presque partout en Europe : quand il y a une maladie héréditaire grave liée au sexe. Dans ce cas-là, le choix du sexe n'est pas une question de préférence. Ça fait partie d'un test génétique (PGT-M) pour éviter de transmettre la maladie. Ne confonds pas ça avec les raisons médicales qui justifient le PGT-A, comme l'âge ou les fausses couches à répétition.

Quelles sont les maladies éligibles ?

Beaucoup de ces maladies sont transmises par le chromosome X et touchent plus souvent les garçons que les filles. On peut citer, par exemple, l'hémophilie, la dystrophie musculaire de Duchenne, le syndrome de l'X fragile et l'adrénoleucodystrophie liée au chromosome X.

Aucun pays ne dispose d'une liste fixe ni d'une définition légale de ce qu'est une maladie grave. Chaque cas est évalué individuellement. En Suisse, le Comité national d'éthique examine trois critères : l'enfant perdrait la capacité de mener une vie autonome, il souffrirait de douleurs chroniques intenses, ou son espérance de vie serait nettement réduite. Un seul critère suffit. En Allemagne, la Cour administrative fédérale estime qu’une maladie est grave si elle se distingue clairement des autres maladies héréditaires par une faible espérance de vie ou par sa gravité, et si elle ne peut être traitée efficacement. Au Royaume-Uni, la HFEA tient à jour une liste publique des pathologies autorisées.

Les cas bénins ne sont pas pris en compte. C'est aux médecins et à l'autorité compétente de décider, après une évaluation individuelle, si ton cas remplit les conditions requises.

Où la sélection du sexe est autorisée et comment ça marche

La Convention d'Oviedo sert de référence commune en Europe. L'article 14 autorise le choix du sexe uniquement pour éviter une maladie héréditaire grave liée au sexe. La manière dont chaque pays statue sur ces cas varie.

En Allemagne, une commission d'éthique doit donner son accord et une autorité publique doit reconnaître la maladie. En Espagne, c'est la commission nationale qui intervient. En Grèce, l'autorité nationale examine chaque cas. Au Royaume-Uni, la pathologie doit figurer sur la liste de la HFEA. En Suisse, toutes les conditions prévues par la loi doivent être remplies. Il ne doit pas y avoir d'autre moyen d'éviter la maladie, celle-ci doit probablement se déclarer avant l'âge de 50 ans, il ne doit pas exister de traitement efficace, et le couple doit confirmer par écrit que le risque est inacceptable pour eux.

D'après ce que j'ai pu constater, les commissions d'éthique peuvent être très strictes dans certains pays.

Les questions à poser à ta clinique de fertilité au sujet du PGT-A et de la sélection du sexe

Les règles varient tellement d'un pays à l'autre que tu ne devrais pas te fier au site web d'une clinique.

Questions sur le PGT-A

Demande quelle méthode la clinique utilise et combien de chromosomes le test couvre. Le PGT-A peut être réalisé par FISH ou par NGS. Le lieu où le test est effectué a aussi son importance. C'est très rare qu'une clinique dispose de son propre laboratoire de génétique. La plupart des cliniques envoient les échantillons à un laboratoire externe. À Chypre-Nord, elles sont souvent envoyées à Istanbul, voire aux Émirats arabes unis. Là où le PGT-A est proposé selon des règles spécifiques, comme au Danemark, vérifie où le test est réalisé. Les échantillons sont probablement envoyés au Royaume-Uni.

Demande ce que recouvre le taux de réussite. D’après mon expérience, presque toutes les cliniques indiquent le taux au moment du test de grossesse positif. Elles ne font pas de suivi jusqu’à la naissance. Le taux à la naissance est plus bas, car certaines grossesses se terminent par une fausse couche. D'après mon expérience, le taux de fausses couches commence à environ 15% et est assez élevé à partir de 40 ans. Beaucoup de femmes qui demandent la sélection du sexe ont plus de 30 ou plus de 40 ans, et beaucoup l'oublient. Renseigne-toi aussi sur le taux de fausses couches.

Avec un embryon euploïde testé, le taux de réussite est plus élevé et le taux de fausses couches est plus faible. D'après mon expérience, l'âge n'a alors que peu d'importance. Ce que l'âge change, c'est le nombre d'embryons euploïdes que tu obtiens.

Questions sur le PGT-A et la sélection du sexe

La plupart des clients qui souhaitent recourir à la sélection du sexe se rendent à Chypre du Nord, où cette pratique n'est ni explicitement autorisée ni interdite. Les cliniques là-bas sont modernes et moins chères qu'aux États-Unis. Elles proposent cette technique avec le PGT-A, en utilisant la méthode FISH ou le NGS, et parfois aussi avec MicroSort. La plupart d'entre elles n'en parlent pas du tout sur leur site web, ni des prix ni des taux de réussite.

Demande combien coûte le test et de quel type de test il s'agit. S'il s'agit d'un NGS, demande combien d'embryons sont inclus. Souvent, le prix du test est suivi d'un prix par embryon. Le prix forfaitaire comprend généralement un certain nombre d'embryons, et tu paies un supplément pour chaque embryon au-delà de ce nombre. Demande si le coût de la congélation est inclus, car avec le NGS, les embryons sont congelés, regarde mon article sur.

Demande combien de cycles ça prend en général. D'après mon expérience, les jeunes femmes en bonne santé qui ont déjà des enfants ont généralement besoin de deux cycles. Ne sois pas déçue après un seul cycle. Beaucoup de femmes ne se rendent pas compte qu'elles excluent un des sexes, donc environ la moitié des embryons ne peuvent pas être utilisés et les chances par cycle sont plus faibles.

En 20 ans, je n'ai jamais eu de client qui ait choisi le sexe de son enfant pour des raisons médicales. Si c'est ton cas, commence par vérifier dans ton pays s'il existe un traitement possible.

Nathalie Wiederkehr

Signes d'alerte quand une clinique propose la sélection du sexe

Fais gaffe si une clinique ne t'explique pas comment elle réalise le test. La méthode FISH est plus rapide et moins chère que le NGS, car elle ne vérifie que certains chromosomes : cinq, parfois sept, neuf ou plus. Le NGS, lui, les vérifie tous. En ne vérifiant que quelques chromosomes, tu ne peux pas savoir dans quelle mesure l'enfant sera en bonne santé. Du coup, le risque de fausse couche est plus élevé, ou le taux de réussite est plus faible. Un prix très bas pour le PGT-A est souvent le signe qu’il s’agit d’une analyse FISH.

Ces deux méthodes diffèrent aussi au niveau du calendrier. Avec la FISH, le test est réalisé le 3e jour, et l'embryon est transféré « frais ». Le 3e jour, on ne peut prélever qu'une seule cellule, ce qui comporte un risque de mosaïcisme, regarde mon article sur. Avec le NGS, le test est réalisé le 5e jour. L'embryon est plus gros et on prélève davantage de cellules. L'embryon est congelé, puis transféré plus tard au cours d'un cycle naturel. La plupart des médecins constatent que le taux de réussite est plus élevé avec le NGS et un transfert d'embryons congelés.

Fais gaffe si une clinique ne te donne pas d'explications détaillées, par exemple sur la méthode qu'elle utilise, et ne précise pas le prix de la congélation.

Fais gaffe si une clinique en Europe te dit que la sélection du sexe est tout à fait légale. Dans presque toute l'Europe, c'est interdit.

Fais gaffe si une clinique te propose un tri des spermatozoïdes, comme le MicroSort, sans te préciser que cette technique n'est pas approuvée par la FDA.

Fais très attention si on te propose la sélection du sexe à un prix très bas. J'ai déjà vu des offres où la clinique ne sélectionne pas du tout les embryons. La grossesse commence avec n'importe quel embryon, et la clinique y met fin si le sexe n'est pas celui que tu voulais.

Nathalie Wiederkehr

PGT-A et sélection du sexe en Europe : questions fréquentes

Le PGT-A est-il autorisé en Europe ?

Ça dépend du pays et de la raison. Pour les raisons médicales habituelles, comme l'âge, les fausses couches à répétition ou les échecs de FIV, le PGT-A n'est pas autorisé en France, en Suède, en Norvège, en Lituanie, en Hongrie, à Malte, aux Pays-Bas et en Allemagne. Au Danemark, c'est possible uniquement dans le cadre d'un protocole de recherche. En Espagne, en République tchèque et au Royaume-Uni, certaines cliniques la proposent.

Est-ce que je peux choisir le sexe de mon bébé grâce à la FIV en Europe ?

Pour des raisons non médicales, non. La seule exception, c'est une maladie héréditaire grave liée au sexe. À Chypre du Nord et en Albanie, aucune loi ne réglemente clairement cette pratique, et certaines cliniques la proposent.

Quelle est la différence entre le PGT-A, le PGT-M et le PGT-SR ?

Le PGT-A permet de vérifier le nombre de chromosomes d'un embryon. Le PGT-M permet de dépister une maladie héréditaire spécifique, et le PGT-SR, une anomalie structurelle des chromosomes d'un des parents. Tu trouveras plus d'infos dans mon Guide sur le DPI et la FIV.

Est-ce que le PGT-A permet de déterminer le sexe d'un embryon ?

Oui, avec le séquençage de nouvelle génération (NGS), le laboratoire connaît le sexe de l'embryon. Dans presque tous les pays, à l'exception par exemple de Chypre du Nord, le médecin ou le généticien n'a pas le droit de te le dire.

C'est quoi, l'équilibre familial, et est-ce que c'est autorisé ?

L'équilibre familial, c'est choisir le sexe d'un enfant parce que tu as déjà des enfants de l'autre sexe. Ça relève de la sélection du sexe pour des raisons non médicales et c'est interdit dans les mêmes pays. Certaines cliniques fixent leurs propres règles, par exemple un nombre minimum d'enfants. C'est la politique de la clinique, pas la loi.

Est-ce que la sélection du sexe est autorisée à Chypre du Nord ?

Aucune loi ne l'interdit, et aucune loi ne le réglemente. C'est pour ça que les cliniques là-bas proposent ce service, mais il n'est pas non plus officiellement autorisé. Demande à la clinique ce qu'elle propose exactement et comment elle procède pour faire le test.

Comment reconnaître une clinique fiable pour le PGT-A ?

Demande quelle méthode la clinique utilise, où le test est effectué, ce que le prix comprend (y compris le coût de la congélation) et quel est le taux de réussite pris en compte. De l'extérieur, c'est difficile de se faire une idée d'une clinique. Un expert qui connaît bien les cliniques pour y être allé personnellement peut t'aider. Je propose une consultation individuelle à ce sujet.

Comment je peux t'aider

Si tu es en train de chercher quelle clinique ou quel pays pourrait te convenir, je suis là pour t'aider. Ça fait des années que j'aide les gens à s'y retrouver parmi les cliniques internationales, et souvent, une simple petite discussion suffit déjà à y voir plus clair. Tu peux trouver Toutes mes offres du moment, c'est par ici. Si tu as des questions, n'hésite pas à me contacter, j'ai hâte d'avoir de tes nouvelles.

Sources

Lignes directrices et prises de position

Sondages et études

Lois et autorités de régulation

  • Espagne : Loi n° 14/2006, chapitre III; CNRHA, Recommandations PGT 12.1 (2025)
  • Allemagne : Loi sur la protection des embryons (Embryonenschutzgesetz), article 3 ; Cour administrative fédérale, arrêt du 5 novembre 2020 (3 C 12.19)
  • Suisse : Loi sur la médecine reproductive (FMedG), art. 5a ; Comité national d'éthique, recommandations sur le diagnostic préimplantatoire (2022)
  • République tchèque : loi n° 373/2011, article 5
  • Pays-Bas : Loi sur les embryons (Embryowet), art. 26
  • Danemark : Loi sur la procréation médicalement assistée, article 7
  • Royaume-Uni : HFEA, conditions d'autorisation du PGT-M

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